De Torretta granitola à Sciacca en passant par Mazara del Valo




Départ de Granitola, bon pied bon œil, vaillants… mais déjà écrasés par la chaleur. Nous avons beau essayer de partir plus tôt, rien n’y fait : midi nous rattrape toujours, et avec lui le cagnard. Le thermomètre affiche huit degrés au-dessus des normales de saison, preuve flagrante du réchauffement climatique. En Sicile, il n’a pas plu depuis cinq à six mois : la végétation jaunit, les vignes rougissent, les raisins se dessèchent. La terre souffre, et avec elle, les hommes qui creusent sans doute toujours plus profond leurs puits pour grappiller l’eau du futur.



Sur le chemin, nous traversons la très jolie ville de Mazara del valo et son quartier nommé la kasbah. 





La journée, pénible sous cette fournaise, se termine dans un petit village de vacances où nous avons loué un appartement à prix dérisoire. Rien de luxueux, mais l’accueil est chaleureux. Hélas, tout ne se déroule pas sans accroc : une nouvelle panne vient gâcher la fête. Le contre-écrou du pédalier — lié au moteur Bosch s’est desserré. Résultat : le plateau avant refuse de faire son travail. En pleine campagne, dans la chaleur étouffante, nous nous sentons bien seuls… jusqu’à l’apparition providentielle d’une ferme.

C’est là toute la magie de la Sicile : la gentillesse des gens. Un ouvrier agricole, manifestement aussi mécanicien dans l’âme, sort un burin et un marteau, et parvient à resserrer le contre-écrou. Miracle de fortune. Comme si cela ne suffisait pas, son patron nous offre un énorme sac de prunes violettes : de quoi nous nourrir pendant trois jours !

Mais la panne reste préoccupante. Le serrage au couple (30–40 Nm normalement) ne tient pas. Déjà, en juillet, dans le Jura, le même problème s’était présenté. Demain, il faudra absolument trouver un vélociste pour une réparation définitive, car rouler avec cette menace permanente, c’est pédaler avec une épée de Damoclès sur la chaîne.



Commentaires

Articles les plus consultés