De Milazzo a Bagnano

Notre dernière journée en Sicile commence à Milazzo.

Milazzo, c’est là où nous avons échoué après notre dernière randonnée dans les îles Éoliennes. Ville portuaire, animée et dernier point d’ancrage avant le continent. Nous reprenons la route le long de la côte. D’abord facile, presque paisible. Puis, brusquement, la route bifurque vers l’intérieur des terres. Les kilomètres s’enchaînent, les mètres de dénivelé aussi. La végétation change : les vergers laissent place aux pins d’Alep. Une belle montée, silencieuse et puissante, relie les deux mers : la mer Ionienne d’un côté, la mer Tyrrhénienne de l’autre. Puis vient la descente vers Messine. Messine, grande ville, un peu chaotique, traversée de pentes abruptes et de trafic nerveux. Nous cherchons le port : le premier est fermé, il faut traverser toute la ville. Enfin, nous embarquons — sur l’un de ces énormes ferries qui ne s’arrêtent jamais. Camions, voitures, quelques cyclistes égarés. En quinze minutes, la traversée est faite.


Nous quittons la Sicile.

De l’autre côté, c’est la Calabre. Nous longeons la côte vers le nord, direction Bagnara. Petite ville tranquille, vivante à sa manière. Les enfants jouent au foot devant notre hôtel. Et nous goûtons à de délicieux arancini — ces beignets de riz farcis aux funghi porcini, les fameux cèpes. Celui-là, particulièrement, restera mémorable.

Soixante-dix kilomètres plus tard, la Sicile est derrière nous. La Calabre s’ouvre devant. Et notre voyage, lui, continue vers le nord.



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