De Melle à Barolo
Jour 3 : De Melle à Barolo - 70 Kms
Après une nuit paisible dans un dortoir prévu pour dix, que nous avons eu le luxe de partager à deux seulement, nous reprenons la route. La descente s’amorce aussitôt : trente kilomètres de faux plat descendant, où nos vélos filent comme des fusées. Sensation grisante de champions cyclistes, portés par la pente et par la lumière du matin.


Les Alpes s’éloignent définitivement, et la plaine s’ouvre devant nous. Ici, l’agriculture règne en maître. Des kilomètres de cultures maraîchères et fruitières à perte de vue : kiwis alignés comme à la parade, pommiers et poiriers bien dressés, immenses champs de tomates mûrissant sous le soleil. Le revers de la médaille, c’est l’impression d’une agriculture industrielle, calibrée pour les rayons de supermarché plutôt que pour l’authenticité du goût.
Sur le chemin, nous faisons la rencontre d’Adrien, un vieil homme encore actif dans la récolte, entouré de deux jeunes travailleurs venus d’Afrique subsaharienne. Avec une générosité désarmante, il nous offre une dizaine de pommes rouges. Jolies à regarder, sucrées mais sans caractère : on devine déjà leur destin, quelque étal anonyme de grande surface. Ce n’est pas vraiment le fruit qui nous fait rêver, mais le geste d’Adrien, lui, restera.
Au loin, les monts du Barolo commencent à se dessiner. Les premières collines nous cueillent vite, brutales, avec des pentes entre 15 et 20 %. Heureusement, nos batteries sont là pour amortir le choc. Les paysages changent encore, spectaculaires, avec leurs coteaux couverts de vignes.



Nous terminons l’étape à Vergne, où nous nous installons pour la nuit après un dîner piémontais comme on les imagine : riche, généreux, accompagné bien sûr d’un Barolo qui porte le goût du pays dans chaque gorgée.



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