De Licata a Niscemi
Nous quittons Licata pour longer de nouveau la mer. Rapidement, un dilemme : la Nationale, étroite, saturée de camions double-remorque filant à 120 km/h, sans bande d’arrêt d’urgence… ou bien les pistes gravel. Nous optons pour la seconde option. Mauvais choix ? Peut-être.
Les chemins se révèlent chaotiques. À un moment, plus de piste du tout : seulement d’immenses plantations sur des pentes raides. Nous avançons tant bien que mal dans des herbes sèches de deux mètres de haut, griffés par les chardons, avant de retomber sur la Nationale… sans avoir gagné un seul kilomètre, mais en ayant perdu un temps fou. Sentiment que cette province est moins “tenue” que les précédentes : routes barrées, chemins disparus ou clôturés. Trois demi-tours en une journée, ça use.
Nous traversons ensuite Gela, ville immense et saturée de trafic. Autour, un vaste zoning industriel, chimique et pétrochimique, pas franchement séduisant mais sans doute vital pour l’économie locale. Les vacances en Sicile rappellent aussi cette réalité : ici, tout n’est pas carte postale.
À la sortie, une route flambant neuve, deux bandes bien tracées… qui se rétrécit vite, avant de céder la place à des portions défoncées, trouées, encombrées de déchets et de verre brisé. Le décor : une plaine agricole à perte de vue, autrefois céréalière, aujourd’hui roussie par la sécheresse, ponctuée de serres intensives où poussent poivrons et légumes, irrigués à coups de pompages massifs. Un paysage qui évoque parfois l’Andalousie.
Nous quittons cette plaine brûlée pour remonter dans les collines. L’arrivée est rocambolesque : nous poireautons d’abord devant la mauvaise maison, avant de trouver enfin notre chambre d’hôtes. Il est 14 h, la chaleur est étouffante. Décision immédiate : nous resterons deux jours. Une pause bienvenue pour souffler, régler quelques affaires personnelles… et rattraper ce carnet de voyage.





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