De Gênes à Palerme

Étape 6 bis : De Sacellio à Palerme – entre pluie battante et car-ferry mutant

Hier soir, on s’est pris un orage monumental sur la tête. Des vraies lames d’eau, façon douche italienne géante (et gratuite). Mais ce matin, le soleil a décidé de rejouer avec les nuages. Bonne nouvelle : le ciel se dégage, et nous avons devant nous 750 mètres de descente continue. Quarante kilomètres de glissade en pente douce, presque trop facile pour nos mollets.

La cerise sur le guidon ? Une piste cyclable à l’italienne, tracée sous une ancienne voie ferrée. Un “Ravel” version Riviera, bordé de végétation luxuriante et de mer bleue très, très, très bleue. Beaucoup de cyclistes, des familles, et nous qui roulons heureux, à chaque virage une carte postale.

Comme on est en avance, on s’offre une baignade improvisée. Pas de club branché, mais l’ombre d’un petit cercle de pêcheurs retraités, occupés à philosopher autant qu’à pêcher. Bateaux minuscules, conversations généreuses, photo de groupe obligatoire avant de reprendre la route.

Et puis… Gênes.

Ou plutôt : l’enfer de Gênes.

On croyait connaître le trafic, venant de Kinshasa. Mais là, c’est une autre ligue. Des camions, des voitures dans tous les sens, aucune indication claire. Et nous, catapultés en plein “ring de Bruxelles” à vélo. Frisson garanti (mais pas recommandé).

On finit par atteindre le port. Trois heures et demie d’attente devant le Polaris, un car-ferry flambant neuf, présenté comme un “modèle écologique”. Disons… un porte-conteneurs avec quelques cabines en bonus. On observe le ballet fascinant des containers avant de grimper à bord, chargés comme des mulets (tous les accessoires démontés, au cas où).

Heureusement, la cabine est confortable. On y passera 20 heures, pique-nique maison à l’appui pour éviter la note du restaurant. Mais la facture, elle, tombe autrement : 50 euros pour 2,5 Mo de data, cadeau d’un réseau maritime auquel je n’avais rien demandé. Bravo.

Le lendemain, la traversée passe vite. Arrivée à Palerme vers 17h30, Airbnb trouvé sans encombre. Deux jours de pause pour visiter la ville à pied (où la circulation rivalise sans complexe avec celle de Gênes). Bonus : la chambre est tellement grande que, pour la première fois, les vélos dorment… dans notre chambre. Pas de jaloux.


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