De Agrigente a Licata

Nous quittons Agrigente en dévalant la colline antique pour rejoindre le littoral. La mer nous accompagne de près, mais les chemins se dégradent vite : routes défoncées, puis pistes caillouteuses aux pentes improbables. Par endroits, la déclivité atteint 30 %. Impossible de pédaler, nous poussons nos vélos sous un soleil de plomb.



Au cœur de cette fournaise, nous tombons sur un site fascinant : la Punta Bianca. Une grande maison abandonnée domine un promontoire rocheux, et sous nos pieds s’étendent des falaises éclatantes, d’un blanc presque marbré. L’endroit est magnifique, inspirant… mais midi écrase tout de sa chaleur, et nous devons repartir.


La suite est encore plus rude : sentiers pentus, presque impraticables, mais sans alternative. Chaque détour devient une épreuve. Épuisés, nous atteignons enfin Licata en fin de journée, littéralement assommés. Sensation étrange : il fait encore 25 °C, mais nous grelottons dans nos polaires. Le diagnostic tombe de lui-même : coup de chaleur, insolation probable.

Heureusement, notre petit hôtel art nouveau, perché face à la mer et à la vallée, offre un havre de réconfort. Accueil chaleureux, table excellente, prix doux. Nous décidons de rester deux nuits pour récupérer. L’expérience a beau rappeler la beauté sauvage de la Sicile, elle rappelle aussi ses dangers : rouler en plein cagnard, même en automne, c’est jouer avec le feu.


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